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Bienvenue

Le 02/04/2008

 

 

 

 

 Journal d'un dominant

  

Pourquoi une relation BDSM ?

  

 

Je suis venu au BDSM il y a plus de 20 ans en accédant au fil de mes relations, (alors très sensuelles et imaginatives je crois, mais aussi plus « classiques » )  aux demandes implicites de mes partenaires féminines.

J’ai découvert ainsi chez mes amoureuses d’alors la recherche d’une  relation un peu trouble, l’envie souvent inconsciente d’une forme de violence incandescente librement consentie et souterrainement recherchée, voire  parfois explicitement  avouée à laquelle je me suis prêté de bonne grâce car je dois convenir honnêtement qu’elle trouvait un écho en moi-même.

Et c’est ainsi que chemin faisant, tel Monsieur Jourdain, j’ai progressivement pratiqué le BDSM sans le savoir…trouvant dans cette relation une intensité particulière et exigeante, requérant des deux protagonistes une volonté partagée d’aller chercher tout au bout de soi, la force d’aller loin, repoussant ainsi toujours plus loin leurs limites respectives. 

Il faut une forte dose d’idéalisme pour vouloir ainsi pousser l’humain dans ses derniers retranchements, le plus souvent à rebours de son éducation, de la bienséance et de son amour propre. Il faut aussi une force d’âme et de caractère peu commune dans cette recherche assumée de soi-même. (C’est pourquoi d’ailleurs dans la vie de tous les jours les vraies soumises sont toujours des femmes de caractère dotées d’une forte personnalité).  Il faut aussi chez les deux êtres une grande finesse psychologique. 

- Le Maître en décryptant et précédant les désirs secrets de sa soumise pour la pousser toujours un peu plus, dans ses derniers retranchements, et en l’aidant à s’affranchir des obstacles physiques et mentaux qui entravent sa progression, sans jamais toutefois dépasser une sorte de seuil d’acceptation, qui correspond à ce que la soumise se sent apte à endurer en cet instant.

-La soumise est sans aucun doute, la vraie Maîtresse du jeu, elle qui par ses paroles, ses attitudes, ses actes, ses regards, ses cris, ses gémissements et ses tentatives souvent malheureuses de désobéissance, voire ses velléités de révolte, poursuit un double objectif : « tester » la qualité de domination de celui qui prétend  être son « Maître » dans lequel elle doit avoir une confiance totale pour pouvoir le gratifier du spectacle de son extrême abandon et de la totale reddition de ses tabous et de ses barrières physiques et mentales.

Le deuxième objectif de la soumise étant de guider implicitement son Maître sur les chemins qui la mènent à sa propre recherche d’elle-même. Recherche d’une attitude femelle totalement consentie au terme d’un parcours au cours duquel auront alternés, ou se seront mêlés l’obéissance, l’humiliation, les désirs, les appréhensions, les cris, les gémissements et aussi parfois la douleur, les  peurs, les pleurs, les cris, les jouissances successives, parfois jusqu’alors inconnues d’un corps tout entier sollicité qui s’exprime et exulte par tous ses pores et tous ses orifices.          

Au terme de ce parcours la soumise conçoit une légitime fierté à être ainsi allée tout au bout d’elle-même, en ayant assumé une forme d’animalité sous jacente sans cesse réprimée depuis l’enfance et enfin exaltée. Et à avoir éprouvée  l’intense et insondable propension femelle à la jouissance sans entrave sous un regard  extérieur qui ne juge ni ne condamne mais qui tout au contraire, récompense par la tendresse, l’affection, les caresses.

Sucrée/salée telle doit être en effet, à mon sens les saveurs de cette relation à toutes ses étapes. Savoir exiger beaucoup et toujours,  savoir récompenser par des mots tendres, des caresses, des échanges de regards, des étreintes chaleureuses. Assurer la soumise que celui qui est en face d’elle ne porte pas un jugement négatif ou méprisant mais sait tout au contraire apprécier le cadeau qui lui est ainsi donné. Savoir toujours que derrière la soumise, la femelle, il y a la sensibilité de la femme et parfois de l’enfant. Et savoir reconnaître que cette femme à ses pieds, humiliée, agenouillée, battue même , est une femme d’exception, qui a eu le courage d’aller au bout d’elle-même sans faillir ni défaillir, sans s’abriter derrière d’inutiles coquetteries, gloussements ou faux semblants…En somme une femme reine et putain ! Une femme !     

 

 

des goûts et des couleurs

Le 22/04/2008

 

 

 Il n'y a pas à mon sens de relation BDSM sans dimension esthétique.

Mots et maux: plaisir des mots en forme de clins d'oeil impressionnistes en signes de connivence et de reconnaissance ....L'auteur de ce blog écclectique par nature et par goût, est aussi secrétement amoureux de la littérature et des mots: Proust, Céline, Flaubert, Pessoa..Mais aussi Bataille et Klossovski..Et tant d'autres en vérité!

Des regards : peu importe l'esthétique classique ou baroque (Quoique les colonies d'angelots harmonieusement égarés dans les stucs ne me laissent pas indifférent!)...

Hymne à la sensualité: éclat des chairs d'un tableau de Boucher, mélancolie : les parcs rêveurs de Watteau, esthétisme: les rouges éclatants de Véronèse ...

Les maux:

En un regard voici la douce intimité d'une chair paresseuse et marquée, secrètement révélée par l'indiscrétion calculée d'un miroir ...Et sur les chairs lisses ainsi entrevues se lisent de fines zébrures parallèles que l'odalisque impétrante arbore fièrement creusant un peu plus sa cambrure...

De douces caresses succédent aux folles morsures du cuir.  La main fiévreuse et apaisante suit à présent en douceur les entrelacs subtils des lanières... La bouche étouffe de baisers dévorant le cri de délivrance d'une bouche enfin libérée du baillon...

Maux et mots: délices: Enfers et paradis..paradis et enfers! Le bleu du ciel entrevu dans la splendeur des braises....

 

 

Jeux et enjeux....1

Le 12/09/2010

 

 

Quelle étrange inclination incite le dominant à descendre toujours plus loin en soi en recherche de la part  obscure recluse dans les abymes de son inconscient?

Réponse difficile:  en partie, l'approbation implicite au vieil adage gravé sur le fronton du Temple de Delphes consacré à Apollon, où l'on pouvait lire : « connais-toi toi-même, laisse le monde aux Dieux ». Message essentiel, approfondi par Socrate, symbolisant l’entrée de l’occident dans une quête de sagesse et pour l'individu, divine invitation au voyage vers et à l'intérieur de soi pour aller ensuite vers les autres et le monde. Un voyage à entreprendre toutes affaires cessantes, un cheminement solitaire et exigeant tout au long de son existence... L'enjeu en est essentiel: par cette connaissance je connais alors à la fois le pire ennemi en moi-même: failles, perversions, défauts,  faiblesses... et potentiellement son meilleur allié: qualités, talents, aspirations profondes.... Questionnements, idées, étonnements, hypothèses,  impressions et réponses provisoires. Le message est un multiplicateur de pensées qui ouvre, comme tel, des espaces de liberté.  Mais peut-on estimer connaître son vrai "soi-même"? Et les autres hommes (et femmes!) peuvent-ils en être un miroir parfait ? La soumise un miroir de soi? Un miroir grossissant de ses envies et de ses propres faiblesses, de l'étendue de son pouvoir? Il est vrai que la recherche du pouvoir est une composante essentielle de la relation...même s'il est souvent illusoirement et furtivement reflété dans le regard de la soumise qui, à genoux, insidieusement défie...